Avant-Postes de cavalerie légère est le second ouvrage édité par LRT Éditions. Derrière un titre un peu rébarbatif se cache une œuvre passionnante et pleine de charme...L’auteur : Antoine Fortuné de Brack est né le 8 avril 1789. Il entre à l’école militaire le 30 décembre 1805 puis est affecté, le 5 mars 1807, au 7e de hussards qui se trouve en Silésie, sous les ordres de Colbert-Chabanais. Il participe alors aux campagnes de Prusse, de Pologne, d’Allemagne et de Russie, d’abord comme officier de hussards puis, plus tard, comme aide de camp du général Colbert. Il obtiendra la Légion d'honneur pour sa conduite lors de la bataille de Wagram. De 1812 jusqu’à Waterloo, il est affecté aux célèbres “ Lanciers rouges”, le 2e régiment de lanciers de la Garde. En 1830, de Brack est rappelé au 3e chasseurs, avec le grade de lieutenant-colonel, puis au 8e chasseurs. En 1932, il passe colonel du 4e régiment de hussards. Le 24 août 1838, il est nommé maréchal de camp et prend alors le commandement de l’école de cavalerie de Saumur. Il meurt en 1850 Évreux.
L’oeuvre : Avant-postes de cavalerie légère, paru en 1831 et réédité plusieurs fois jusqu’à cette dernière édition (les précédentes datent de 1942, préfacée par le général Weygand, et 1987), est un ouvrage de référence en France et dans le monde. Il a été traduit aux États-Unis en 1863 par le major Camillo C. C. Carr du 8e de cavalerie US ainsi qu’à Londres, en 1876, par les major Londsdale A. Hale des Royal Engineers et Capitaine F.T Hobson du 3rd ‘Buff” regiment.
Avant-postes de cavalerie légère est à l’origine un manuel d’instruction destiné aux officiers de cavalerie légère. Il se présente comme un enchainement de questions-réponses et est organisé en quarante chapitres qui couvrent les valeurs morales de l’officier et des soldats, la discipline, le courage, les techniques de combat, les différentes missions de la cavalerie légère, le harnachement, l’équipement, l’habillement, la remonte ou encore l’entretien des chevaux et des hommes. De Brack s’appuie sur sa grande expérience acquise lors des campagnes napoléoniennes et l’ouvrage est émaillé de nombreuses et croustillantes anecdotes.
Cette nouvelle édition est par ailleurs richement illustré de reproductions de Keith Rocco, Édouard Detaille, Ernest Meissonier, JOB ou encore Alphonse de Neuville.

Voici donc la préface de la 3e édition, celle de 1863, qui, je l'espère, vous donnera un avant-gout du contenu de l'ouvrage :
"L'auteur de ce livre avait été l'un des plus brillants officiers de cavalerie de l'Empire. Élève des Lasalle, des Montbrun, des Colbert, des Pajol, il semblait appelé aux plus hautes destinées militaires, lorsque le désastre de Waterloo vint frapper la grande armée.
Malgré sa jeunesse, ses goûts, ses instincts, son expérience et les perspectives brillantes d'une fortune militaire, de Brack remit l'épée au fourreau.
Eloigné de l'armée, il ne fut cependant jamais étranger à ses travaux et à ses progrès.
Après quinze ans d'absence, le lieutenant-colonel de Brack vint reprendre sa place à tête de nos escadrons.
De 1815 à 1830, l'organisation militaire avait été modifiée autant que les mœurs et les coutumes régimentaires. L'adoption des règlements nouveaux avait mis en grande faveur l'étude des théories. De Brack, qui revenait avec ses idées de guerre, fut frappé de l'importance qu'avaient prise, dans les rangs de la cavalerie, les connaissances théoriques au détriment du travail pratique.
On croyait alors que les batailles allaient recommencer. Le colonel voulut préparer pour la campagne prochaine ses officiers et ses cavaliers; il était à la tête d'un corps de cavalerie légère dont la place semblait marquée aux avant-postes.
L'œuvre fut conçue, écrite à la hâte, comme si le régiment avait déjà l'ordre de franchir la frontière, car, il faut le dire, ce livre n'était destiné qu'aux escadrons commandés par de Brack.
Cette précipitation fut une bonne fortune. L'auteur ne pouvant compulser les traités et consulter les livres, évoqua simplement les souvenirs des héros de la cavalerie, Seidlitz, Lasalle, Murat, Bessières ; il retrouva dans sa mémoire les leçons pratiques des colonels et des capitaines qui avaient porté si haut la réputation de la cavalerie.
Ecrit avec une intelligence vaste et prompte, avec un cœur brûlant, avec un esprit observateur et plein de finesse, avec un admirable amour du soldat, ce livre presque improvisé fut un petit chef-d'œuvre. Ingénieux et profond à la fois, l'auteur, dédaignant les préjugés, se montre tellement original, que certaines parties, sans cesser d'être vraies, ont un parfum de poésie qui charme le lecteur militaire.
De Brack ne perd jamais de vue le moral du soldat ; il parle d'honneur, de courage, de dévouement, et sa parole fait tressaillir. Le style a une allure cavalière qui sied à semblable sujet.
Un philosophe moderne, M. Cousin, a dit: “La guerre est, par-dessus tout, une œuvre d'art, et il y faut infiniment d'esprit avec une valeur à toute épreuve.” De Brack avait deviné cette pensée, qui pourrait servir d'épigraphe à son livre.
Plus de trente années se sont écoulées depuis la publication de cet ouvrage, et pendant ces trente années, l'armée française a fait la guerre en Afrique, en Belgique, en Crimée, en Chine, en Italie ; le drapeau flotte encore en Cochinchine et au Mexique. Le livre de de Brack est aussi vrai, aussi bon, aussi utile que le premier jour.
Les guerres nouvelles ont été enrichies de découvertes scientifiques et de progrès matériels. Le boulet, la balle, la baïonnette, frappent plus loin et plus juste ; quelques procédés nouveaux ont pris naissance dans le génie particulier de telle ou telle guerre, mais les principes généraux de la tactique et de la stratégie sont restés les mêmes ; ils seront toujours ce que les ont faits Frédéric, Turenne, Napoléon. La guerre méthodique à laquelle prépare le livre de de Brack sera toujours la seule pour les généraux instruits et les armées disciplinées.
On avait songé, cependant, à modifier dans sa forme l'œuvre du colonel de Brack, en fondant ensemble les demandes et réponses, en consacrant un chapitre nouveau à l'artillerie, en le complétant, pour ainsi dire, par les découvertes modernes. Ces changements auraient-ils amélioré l'ouvrage ? Nous ne le pensons pas ; il eût perdu sa physionomie originale. son cachet d'improvisation, son élan cavalier, toutes choses charmantes en un tel sujet.
La mieux était donc de réimprimer l’ouvrage, respectant ainsi la pensée et la mémoire du général de
Brack.
En donnant cette nouvelle édition, nous avons voulu répéter à la première page d'impérissables vérités : d'abord, que les grands principes de la guerre sont éternels, comme l'a proclamé Napoléon 1er, et que les guerres bien conduites sont toujours méthodiques; ensuite, que la cavalerie n'a rien perdu de son importance par les progrès des autres armes. Les leçons que donnait, il y a trente ans, le général de Brack, sont les leçons d'Iéna, de Friedland, de Wagram, d'Eylau; ces leçons venaient du grand Frédéric, de Gustave-Adolphe, de Charles XII; Napoléon 1er les a complétées, perfectionnées et glorieusement appliquées.
Hors de là, tout serait illusion et vanité."
UN GÉNÉRAL DE CAVALERIE.

Bonjour,
RépondreSupprimerJe ne peux me permettre l'achat de ce livre et c'est bien dommage.
Je voulais juste dire que cet ouvrage est cité dans le livre "Histoire des Maîtres d'Armes" du Maître Claudius Wackermann, Président de l'Académie d'Armes de Suède (Editions Presses Plein Chant - Bassac)
Il est cité comme ayant été la "Bible" des officiers du Cadre Noir à Saumur.
Le chapitre "des armes en guerre" comprenant la carabine, le pistolet, le sabre, la lance.
"Le sabre est l'arme dont vous devez avoir le plus confiance" "Les coups qui tuent sont les coups de pointe, les autres ne font que blesser"
Les extraits du livre de F. De Brack sont nombreux et éclairent beaucoup sur la technique d'escrime du sabre à cheval (l'arme de cavalerie par excellence). Tout est logique et compréhensible.