vendredi 6 novembre 2009

Les Armées Françaises le la Guerre de Trente Ans



Un superbe ouvrage pour découvrir ou redécouvrir ce conflit méconnu, ainsi que ses acteurs. Le texte est agrémenté de superbes reproductions d'œuvres de d’Ernest Meissonier, Philips Wouwerman, Ernest Crofts, Jacques Callot, Alphonse Lalauze, Alexandre Lesrel et bien d’autres, ainsi que par de nombreux témoignages d’époque.

Cette époque fut en grande partie dominée par la personnalité et l’oeuvre de Richelieu, entré au conseil du roi en avril 1624. C’est l’action du Cardinal qui permettra à Louis XIII de disposer d’une armée qui sortira transformée de la guerre de trente ans. Commandée par de grands capitaines tels que le duc de Rohan, le vicomte de Turenne ou le prince de Condé, elle fera des prodiges. Avins et la Valteline en 1635, Tornavento en 1636, Leucate en 1637, la Rota en 1639, Casal et Turin en 1640, Wolfenbüttel en 1641, Kempen et Lerida en 1642, Rocroi en 1643, Fribourg en 1644, Allerheim (ou Nördlingen) et Lhorens en 1645, Zusmarchausen en 1647 et Lens en 1648 forment une longue liste de victoires françaises qui en témoigne.

Extrait du livre :
Le Roi avait sa compagnie de mousquetaires qui l’accompagnait partout, Richelieu avait aussi sa compagnie de Gardes. Gabriel Daniel rapporte qu’il « y avait une émulation entre ces deux compagnies qui allait jusqu’à la jalousie, de sorte que très souvent il y avait des querelles et des combats entre les mousquetaires du Roi et les Gardes du Cardinal. C’était un plaisir pour le Roi d’apprendre que les mousquetaires avaient malmenés les Gardes et le Cardinal, pareillement s’applaudissait quand les mousquetaires avaient eu le dessous. Comme les duels étaient défendus, on faisait aisément passer ceux des mousquetaires et des Gardes du Cardinal pour des rencontres. Le Cardinal en prit l’occasion de faire quelques tentatives pour faire casser la compagnie de mousquetaires mais il ne réussit pas. » Propos qui semblent inspirés des mémoires de monsieur d’Artagnan, capitaine lieutenant de la première compagnie de mousquetaires du Roi : « Mr. de Treville les avait fait venir tous trois du païs (ndla : Portos, Athos et Aramis ; trois béarnais), parce qu'ils y avaient fait quelques combats, qui leur donnaient beaucoup de réputation dans la province. Au reste il était bien aise de choisir ainsi ses gens, parce qu'il y avait une telle jalousie entre la compagnie des Mousquetaires, et celle des Gardes du cardinal de Richelieu, qu'ils en venaient aux mains tous les jours. Cela n'était rien, puisqu'il arrive tous les jours que des particuliers ont querelle ensemble, principalement quand il y a comme assaut de réputation entre eux. Mais ce qui est d’assez étonnant, c’est que les maîtres se piquaient tous les premiers d'avoir des gens, dont le courage l'emportait par dessus tous les autres. Il n'y avait point de jour que le cardinal ne vantât la bravoure de ses Gardes et que le Roi ne tâchât de la diminuer parce qu'il voyait bien que son éminence ne songeait par là, qu'à élever sa compagnie par dessus la sienne, et il est si vrai que c'était là le dessein de ce ministre, qu'il avait tout exprès dans les provinces des gens apostez pour lui amener ceux qui s'y rendaient redoutables par quelques combats particuliers. Ainsi dans le temps qu'il y avait des édits rigoureux, contre les Duels, et même qu'on avait puni de mort quelques personnes de la première qualité, qui s'étaient battus au préjudice de la publication qui en avait été faite, il leur donnait non seulement asile au près de lui, mais encore part le plus souvent, dans ses bonnes grâces. »

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire